Exposition aux contaminants, transfert et effets maternels chez un oiseau de mer arctique
Le projet de recherche ORNITHO-ENDOCRINO souhaite poursuivre l’étude des conséquences de l’exposition aux contaminants pour les oiseaux de mer arctiques du Svalbard. Nous nous concentrerons sur un groupe de contaminants émergents : les substances alkylées poly- et perfluorées (PFAS) qui sont utilisées comme agents de surface dans une multitude de produits manufacturés et de consommation. Les recherches menées sur notre modèle d’étude, la mouette tridactyle, ont montré que de nombreux PFAS sont transférés aux œufs par la mère et peuvent modifier le dépôt d’hormones maternelles. Cela soulève la question des conséquences à court et à long terme de l’exposition in ovo aux PFAS. En outre, de nombreux oiseaux marins de l’Arctique sont migrateurs, et une part importante de la charge en contaminants des oiseaux se reproduisant à des latitudes élevées pourrait être liée à leurs zones d’hivernage. Ceci rappelle fortement les effets dits ‘carry-over’ qui se réfèrent à des événements et des processus se produisant au cours d’une saison qui peuvent affecter la performance individuelle au cours de la saison suivante. Dans ce cadre, nous souhaitons étudier : 1) l’influence des stratégies migratoires (via le biologging) sur le transfert maternel des PFAS et donc sur la santé de la progéniture ; 2) comment les stratégies migratoires utilisées pendant les premières années de vie influencent l’exposition aux PFAS ; 3) les effets combinés de l’exposition aux PFAS et des conditions rencontrées pendant la migration sur les oiseaux immatures et adultes. Pour ce faire, nous nous concentrerons sur les télomères, un biomarqueur pertinent de la santé des individus. Le programme de recherche ORNITHO-ENDOCRINO contribuera également au suivi à long terme des contaminants, de la migration et des zones d’alimentation des oiseaux marins du Svalbard, mené par nos partenaires norvégiens.