Reconstruction de la dynamique de la calotte glaciaire innuitienne à partir de la morphologie et de la distribution du drainage sous-glaciaire
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Reconstruction de la dynamique de la calotte glaciaire innuitienne à partir de la morphologie et de la distribution du drainage sous-glaciaire

L’hydrologie glaciaire est l’un des principaux contrôles de la vitesse de glissement des glaciers et constitue en soi un facteur clé pour estimer la vitesse de recul des glaciers et l’élévation du niveau de la mer en cas de réchauffement du climat. L’archipel arctique canadien contient un ensemble de reliefs fluvioglaciaires extraordinairement bien préservés qui peuvent être suivis jusqu’aux marges des calottes polaires actuelles et qui offrent une occasion unique de caractériser et de comprendre la forme, la capacité et la dynamique du drainage sous-glaciaire. Ce projet propose deux campagnes de terrain en 2025 et 2026 dans l’archipel arctique canadien pour étudier, caractériser et dater ce rare enregistrement glaciogéologique laissé par la glaciation innuitienne. En 2025, nous proposons une campagne de 3 semaines sur l’île Axel Heiberg (80ºN, 90ºW), suivie d’une campagne en 2026 sur l’île Devon (75ºN, 87ºW) pour étudier les paysages récemment exposés et peu modifiés correspondant aux voies de drainage sous-glaciaires qui existaient sous la calotte glaciaire innuitienne et les restes des calottes glaciaires Devon et Müller. En raison des conditions uniques de mise en place (nappes glaciaires minces et froides sur une topographie largement plate) et des précipitations réduites du désert polaire du Haut-Arctique, les deux îles offrent des possibilités uniques d’étudier la morphologie, la topologie, la densité et la distribution spatiale des schémas de drainage sous-glaciaire canalisé. Une meilleure compréhension de ces caractéristiques est essentielle pour comprendre les échelles de temps de résidence des eaux de fonte sous-glaciaires, les décharges liées à l’activité des chenaux sous-glaciaires, la concurrence entre un drainage inefficace (d’où un glissement accéléré) et la mise en place des chenaux, et les événements qui déclenchent la mise en place de ces chenaux sur le substratum rocheux. Les implications de notre travail seront utiles pour une meilleure compréhension des caractéristiques spatiales des drainages sous-glaciaires efficaces, qui peuvent être utilisées dans les efforts de modélisation des nappes glaciaires dans un climat en réchauffement, mais aussi pour l’étude de l’origine et de la morphologie des vallées énigmatiques à la surface de Mars, qui pourraient avoir pris naissance sous d’anciennes nappes glaciaires.