Matériel d’origine glaciaire et son devenir dans l’océan : cas d’étude des Kerguelen
Dans l’océan Austral, des apports insuffisants d’éléments nutritifs comme le fer ou le silicium peuvent affecter le fonctionnement de la pompe biologique de carbone avec de larges conséquences sur le climat. Parmi les différentes sources de ces nutriments figure la matière d’origine glaciaire (MGO) liée à la fonte des calottes.
Le rôle de la MGO dans l’océan Austral reste encore peu étudié tant du point de vue qualitatif (processus mis en jeu) que quantitatif (flux). Au vu de la fonte accélérée des calottes sub-antarctiques et antarctiques, une meilleure compréhension du rôle de la MGO est critique. MARGO a pour objectif de fournir des nouvelles connaissances fondamentales sur les principaux processus qui contrôlent les flux de MGO et leur impact dans l’océan Austral en proposant une étude intégrée sur le continuum glacier-océan. L’exceptionnel contexte multidisciplinaire de connaissances existant à Kerguelen et l’accessibilité du site le désignent comme un site idéal pour une première étude intégrée visant à caractériser l’origine, le devenir et l’impact de la MGO dans l’océan Austral. MARGO s’appuie sur une ambitieuse approche multidisciplinaire (glaciologie, physique, géochimie, microbiologie) associant acquisition de données (à terre et en mer) et modélisation. La modélisation de la fonte de la calotte combinée aux mesures géochimiques permettra de quantifier les flux de MGO atteignant l’océan à différentes échelles de temps. Les études de processus menées pour définir la biodisponibilité de la MGO pour les microorganismes marins permettront de quantifier la fraction de la MGO qui peut réellement impacter l’activité biologique de l’océan Austral. Un modèle de transport lagrangien permettra d’étudier son transport et sa dispersion dans l’océan et de comparer le rôle de la MGO par rapport aux autres sources à différentes échelles spatiales.
MARGO 2 correspond au renouvellement du projet MARGO.