Réponse des manchots royaux aux changements environnementaux : adaptations et limites physiologiques et comportementales
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Réponse des manchots royaux aux changements environnementaux : adaptations et limites physiologiques et comportementales

L’environnement terrestre change à un rythme sans précédent et les effets des changements globaux sont encore plus forts dans les écosystèmes polaires. Comprendre dans quelle mesure les animaux polaires, et en particulier les manchots, sont résilients aux changements actuels nécessite une double approche. D’une part, le suivi démographique des populations de manchots permet d’obtenir des informations cruciales sur les mécanismes affectant les dynamiques de population de ces espèces emblématiques. D’autre part, une connaissance détaillée des réponses et adaptations physiologiques et comportementales (et de leurs limites) pour faire face à leurs environnements uniques (une vie partagée entre des périodes en mer et sur terre) est nécessaire pour comprendre et prédire si, et dans quelle mesure, les individus et les populations seront capables de faire face (ou non) aux changements environnementaux.
Le projet polaire ECONERGY #119 a une longue histoire dans l’étude de l’écophysiologie comportementale des manchots royaux, et dans la compréhension du caractère adaptatif des réponses physiologiques et comportementales à l’environnement (https://ipev119.wixsite.com/econergie119). Le projet ECONERGY2 #1324 vise à poursuivre une partie du travail initié par le projet #119 (qui est maintenant devenu un observatoire à long terme), pour mieux comprendre les contraintes environnementales auxquelles les manchots royaux sont confrontés sur terre, et dans quelle mesure les réponses comportementales et physiologiques permettront aux populations de manchots royaux de faire face (ou non) aux changements environnementaux. En particulier, l’augmentation de la fréquence des « vagues de chaleur » terrestres peut poser de graves problèmes aux manchots royaux, tant du point de vue de la thermorégulation que de la régulation hydrique. Le projet de 4 ans que nous proposons étudiera : 1. Le risque pour les manchots royaux de souffrir de stress thermique pendant la mue sur terre, 2. Les risques pour les manchots royaux de souffrir de déshydratation pendant la reproduction ou la mue, 3. Les stratégies potentiellement adoptées en mer pour maximiser le statut d’hydratation avant de revenir sur terre, 4. Le rôle potentiel que l’humidité du sol peut jouer dans la détermination de l’occurrence du stress thermique, et 5. La sensibilité potentielle de la bioénergétique des manchots royaux aux températures élevées par rapport à d’autres espèces aviaires sub-polaires mais aussi tempérées.
Un tel projet intégratif mélangeant des approches corrélatives et expérimentales dans la nature est crucial pour saisir pleinement les menaces auxquelles les populations de manchots royaux sont confrontées dans le contexte des changements environnementaux rapides, et pour mieux prédire le sort futur de cette espèce en fonction de ses réponses physiologiques et comportementales aux contraintes environnementales.