23 octobre 2026
Ce n’était pas arrivé depuis 1921, une nouvelle espèce de manchot a été décrite dans les îles Kerguelen.
Ces manchots étaient en fait déjà bien connus des scientifiques, mais on pensait qu’ils appartenaient à une autre espèce, celle du manchot papou (Pygoscelis papua).


Dans cette étude d’avril 2026 (https://doi.org/10.1038/s42003-026-10081-7) une équipe de chercheurs internationale, démontre que les populations du manchot papou se répartissent en lignées évolutives distinctes, différenciées notamment par leur génome, leur écologie et leurs adaptations à l’environnement. C’est en comparant l’ADN de 64 spécimens provenant de dix colonies différentes que ces chercheurs ont découvert qu’il existait en réalité 4 espèces distinctes. La nouvelle espèce des îles Kerguelen qui est décrite dans l’article a été baptisée Pygoscelis kerguelensis.

Figure illustrant l’article en question. Fig. 3 c). Synonymy and divergence of gentoo penguins. Geographic distribution of the four species of gentoo penguins around the Southern Ocean. Penguin photographs by Daly Noll, Andrea Raya-Rey and Francesco Bonadonna. Map in panel c created with Quantarctica (Norwegian Polar Institute, https://www.npolar.no/quantarctica/).
Ces espèces sont dites cryptiques, car elles se ressemblent fortement sur le plan morphologique, malgré des différences génétiques importantes. À l’œil nu, il est très difficile de les distinguer : elles présentent toutes un dos noir, un ventre blanc, un bec orangé et une marque blanche caractéristique au-dessus des yeux. Les différences sont notamment génétiques, mais aussi morphologiques, avec des variations mesurables de taille et de proportions corporelles. Leur identification repose donc principalement sur la combinaison de données génomiques, anatomiques et écologiques.
En révélant une diversité jusqu’ici sous-estimée, cette étude rappelle que mieux comprendre les espèces constitue une étape essentielle pour anticiper les effets du changement climatique et protéger la biodiversité. Ces découvertes soulignent également l’importance des missions scientifiques soutenues par l’Institut polaire français, qui permettent aux chercheurs d’étudier les écosystèmes des régions polaires et subpolaires, de mieux comprendre leur évolution et d’évaluer leur vulnérabilité face aux changements environnementaux. Le réchauffement climatique pourrait fortement réduire les zones où ces espèces pourront vivre d’ici 2050.
Sources: https://www.nature.com/articles/s42003-026-10081-7 / Cachée sur l’archipel français des Kerguelen, une nouvelle espèce de manchot vient d’être identifiée – Science et vie